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Sujets techniques

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Les Pays-Bas à l'entraînement lors de la phase finale ©Sportsfile

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D'OÙ SONT VENUS LES BUTS
Avec un total de 55 buts inscrits, le Championnat d'Europe féminin des moins de 19 ans 2007 a été le troisième plus prolifique de tous les temps, derrière 2005 (68) et 2010 (57). Il y a eu deux fois plus de buts qu'en 2012 et 16 de plus que lors de la dernière édition en date. Le pays organisateur, la Slovaquie, et l'autre équipe débutante, l'Autriche, ont été impliqués dans des matches ayant donné 24 buts, mais un seul inscrit en faveur de l'une de ces deux équipes. Le manque d'expérience a été un facteur indéniable, mais cela ne peut pas être la seule explication pour une quinzaine de football aussi prolifique.

La moitié des buts inscrits dans le jeu vient des côtés, alors bien jouer sur les ailes est important, le dernier geste arrive ensuite en une ou deux touches de balles
l'observatrice technique de l'UEFA, Patricia González

"Nous avons vu beaucoup de bonnes attaquantes, ici", a déclaré l'observateur technique de l'UEFA, Jarmo Matikainen, mettant en lumière combien les joueuses offensives, y compris les milieues de terrain, comme on peut le constater sur les statistiques, deviennent de plus en plus précises à l'issue des contre-attaques et combien la transition entre la défense et l'attaque a été un facteur influent. En y regardant de plus près, et c'est le cas pour tous les matches de football, lorsqu'il y a beaucoup de buts inscrits quand le jeu se développait dans la largeur du terrain. "Cela confirme combien la transition entre la défense et l'attaque est importante", continue Matikainen. "Les côtés constituent clairement une zone clé."

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Les zones d'où la dernière passé a été donnée dans les buts marqués dans le jeu (s'il y a eu passe décisive)

Avec énormément de centres en retrait et de jeu de passe dans ce que l'on pourrait définir comme une zone grise, le nombre total de buts résultant d'attaques venant d'un côté n'est pas loin des 50 %. C'est une tendance, par rapport aux dernières années, qui est notable. "Il y a quelques années, nous avions beaucoup de ballons qui venaient de la propre moitié de terrain de l'équipe attaquante, avec des joueuses démontrant des qualités individuelles et de dribbles, qui s'avançaiet vers le but. Ce n'est plus le cas aujourd'hui", explique l'observatrice technique de l'UEFA, Patricia González. "La moitié des buts inscrits dans le jeu vient des côtés, alors bien jouer sur les ailes est important, le dernier geste arrive ensuite en une ou deux touches de balles."

Lorsque vous avez la capacité de construire de cette manière dans votre équipe, cependant, vous avez aussi besoin de quelqu'un qui est capable de finir les actions et dans ce domaine, on a vu de gros progrès en Slovaquie. "Nous avons des joueuses qui sont capables de terminer le travail en une ou deux touches de balles ; nous avons des joueuses qui peuvent jouer sur la dernière passe tellement bien qu'elles peuvent marquer sans contrôler, dans des zones où il y a beaucoup d'adversaires", a pu noter Matikainen. "Si l'on prend en compte les têtes, 80 % des buts inscrits l'ont été avec une ou deux touches de balles de la part de la buteuse. Exception à cette tendance, la joueuse allemande Stefanie Sanders qui a réussi un petit festival de dribbles lors de la défaite face à la Suisse.

D'où les buts ont-il été marqués dans le jeu

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44 buts ont été marqués dans le jeu (dont un csc en noir)

La tendance, toutefois, s'est inscrite jusqu'en finale où les trois buts ont été certes inscrits avec plus d'une touche de balle, mais dans des conditions qui peuvent expliquer cette nécessité.

Comment les buts ont-ils été marqués

©Getty Images

43% des buts ont été marqués sur des centres ou des centres en retrait


Finition

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Meilleures buteuses du tournoi

JoueuseÉquipeButs
Marie Antoinette KatotoFrance6
Jill RoordPays-bas5
Lucía GarciaEspagne4
Sandra HernándezEspagne4
Nahikari GarcíaEspagne3
Clara MateoFrance3
Cinzia ZehnderSuisse3

QUESTION DE TIMING
Le timing est également crucial dans le football et une analyse des moments où sont intervenus les buts chez les moins de 19 ans féminines en 2016 soulève des questions intéressantes à cet égard. À l'instar de la dernière phase finale prolifique, en 2011, quand 54 buts ont été marqués, la majorité est venue des 30 minutes suivant la pause. 50 % des buts, en effet, ont été marqués dans ce tiers du match. En comparaison, six seulement, ou 15 %, des buts ont été marqués pendant cette période en 2015.

"Si je regarde ça avec l'œil du coach, ce que je vois, c'est que l'observation des adversaires a été très bonne et que cela a pris un certain temps pour les équipes les plus fortes de briser l'opposition adverse, parce que nous avons vu des matches très équilibrés", a observé González. Comme cela est mentionné un peu plus tard dans ce rapport, c'est le signe clair que la préparation des matches est devenue plus importante ces dernières années, avec des analyses vidéo, des observations des équipes adverses. C'est devenu un aspect de plus en plus important dans le football féminin. "Les équipes prennent leur temps pour analyser et briser le plan de leur adversaire. Elles ont besoin de ce temps également du temps de la pause pour s'adapter."

 201120122013201420152016
1re-15e min626654
16e-30e min7455107
31e-45e min647697
Add 1re pér.200000
46e-60e min13267414
61e-75e min10766214
76e-90e min847598
Add. 2e pér.221101
Prol., 1re pér.001000
Prol., 2e pér.011000
Total des buts542640363955

La mi-temps a permis aux entraîneurs de recadrer ou au moins de bricoler par rapport à leur système de base, et il en a résulté davantage de buts qui sont venus après la pause. "Si vous voulez faire des changements, vous les faites souvent à la mi-temps : qu'ils soient tactiques, structurels, individuels et probablement psychologiques. Il y a des entraîneurs qui se disent 'c'est le moment de faire quelque chose'", note Matikainen. "Les remplaçantes ont marqué deux buts de la victoire dans la phase de groupes et en demi-finale. Si vous n'êtes pas assez expérimentés sur le plan tactique, vous pouvez connaître des problèmes."

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Quand les buts ont-ils été marqués

La France, vainqueur de ce tournoi, a été reconnue comme l'équipe reine dans les adaptations à la pause. Ce pays a modifié son système en seconde période dans chacun de ses matches de groupe. C'est cette métamorphose, pendant les 45 dernières minutes, en demi-finale également, contre la Suisse, qui lui a permis de prendre le contrôle du match et de réserver sa place pour la finale. "Le seul risque que je peux prendre, c'est de jouer tous mes atouts des le débuts du match", a simplement déclaré l'entraîneur français, Gilles Eyquem, avant son dernier match du groupes contre les Pays-Bas. Après le match contre la Suisse, il est allé un peu plus loin : "J'ai mis au repos certaines joueuses dans la première période et cela a été un bon choix parce qu'elles ont eu une grande influence dans la seconde".

Dans l'ensemble, la France a joué de bien meilleures secondes périodes pendant tout ce tournoi par rapport aux premières, et son second but en finale, contre l'Espagne, a également été marqué à ce moment du match. "Les statistiques disent que le plus important – et pas seulement en quantité – a été marqué à ce moment-là", résumait González.

DES REMPLAÇANTES QUI IMPRESSIONNENT
Mais tous les changements n'ont pas eu cours à la pause. Le football est éternel est l'un des défis auxquels les entraîneurs font face, n'est pas seulement la manière de percevoir les tendances du jeu au fil du temps, c'est également de s'adapter à l'évolution de chaque match. La sophistication dans les changements tactiques au cours d'un seul match a également été palpable si l'on pense que 19 % des buts ont été inscrits par des remplaçantes.

"Si on regarde le nombre de buts marqués par les remplaçantes, il montre que leur impact a été considérable", a déclaré Matikainen. "On peut dire avec certitude que les remplacements ont eu une influence de taille sur le résultat des matches."

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Les remplaçantes ont marqué 19% des buts

La Suisse a illustré cela lors de sa victoire quatre buts à deux contre l'Allemagne, alors que la remplaçante Camille Surdez a inscrit deux buts. Mais c'est peut-être son numéro 18 qui a pu servir d'inspiration, un numéro que portait également Marie-Antoinette Katoto, entrée en cours de match pour marquer trois buts contre la Slovaquie, débloquant littéralement cette rencontre qui s'est disputée à Senec, et évoluant une classe au-dessus.

"Il y a eu 10 buts inscrits par des joueuses entrées en cours de match, alors les remplaçantes ont eu une grande influence", a déclaré Matikainen. "Avoir de nouvelles joueuses capables de presser a fait une grande différence. Elles vous permettent de revenir dans le match, et cela ne vaut pas seulement pour les joueuses qui ont marqué des buts, mais également pour les joueuses en mesure de faire des passes décisives. La France avait des options offensives sur son banc, et ses joueuses se sont signalées également en donnant des passes décisives. "Huit de ses dix buts sont intervenus dans les trente minutes suivant la pause, lorsque leur influence est à son maximum.

"Les équipes changeaient la manière dont elles pressaient dans la seconde période, ce qui est l'un des changements tactiques et structurels que les entraîneurs ont été en mesure de présenter à leurs joueuses", a conclu Matikainen.

DE LA PLACE POUR LA CRÉATIVITÉ
Une autre des tendances observées en Slovaquie était la manière de marquer, ou plutôt la manière de créer les buts. On a déjà vu l'intérêt de jouer sur les ailes, et on a vu qu'il était nécessaire d'avoir une joueuse capable de finir les actions et de faire trembler les filets, et c'est là que la qualité de votre avant-centre entre en jeu. Quelque 38 % des buts ont été marqués par une numéro neuf classique, même si ce poste subit quelques métamorphoses aussi.

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Les buts par poste de la buteuse

Avec des défenses de plus en plus fortes et de mieux en mieux préparés, marquez devient de plus en plus important et cela est vrai non seulement pour les avants-centres, mais aussi pour d'autres joueuses. "Presque la moitié des buts sont venus de centre en retrait ou de centres", a pu noter González. "Nous avons davantage de milieux de terrain qui marque, par rapport aux joueuses de couloir. Il est clair que beaucoup de buts viennent de joueuses évoluant dans l'axe du terrain, qu'il s'agisse de milieu ou d'attaquantes, et que les passes venaient des côtés."

 Il faut ajouter à cela le vieil adage que le ballon doit aller plus vite que la joueuse. Et c'est alors que l'on voit une autre tendance se développer. Il n'y a pas eu beaucoup de joueuses utilisant le dribble pour déposer les défenseures et aller marqué", a déclaré González. "Ces joueuses sont en voie de disparition ; nous sommes en train de perdre leur créativité. Les joueuses ne progressent pas de la même manière que par le passé, également parce qu'elles ne jouent plus dans la rue, entre autres. Avant, elles avaient davantage de liberté et de développer leur créativité à un jeune âge. Je pense que c'est quelque chose que nous, les entraîneurs, devons prendre en considération. C'est également aussi le résultat d'un nivellement des valeurs entre les équipes."

 Avec ce resserrement de l'élite, naissent des différences dans la manière d'aborder le jeu offensif. La propension mentionnée ci-dessus à utiliser les côtés est accompagnée d'un jeu de transition rapide qui a permis de marquer beaucoup de buts avec moins de trois passes. Quelque 56 % des buts sont venus de ce style de transition rapide. "Il s'agit clairement d'un tournoi où les transitions ont une part importante, un tournoi marqué par les attaques rapides", a déclaré Matikainen, qui, comme son homologue observatrice, regrette la disparition d'une race de joueuses qui peut porter le ballon. "Nous avons clairement besoin d'en voir davantage", affirme-t-il. "Comment créer un environnement propice au développement de telles joueuses ? Regardez Stefanie Sanders, elle a eu un fort impact sur le jeu de l'Allemagne."

©Gábor Baricsa

Stefanie Sanders fête un but en qualifications

Les deux buts qu'elle a inscrits l'ont été de l'intérieur de la surface de réparation alors que 11 % seulement des buts marqués venaient de l'extérieur et il y a une bonne explication pour cela. "Nous ne manquons pas de joueuses techniques de qualité, la qualité des gardiennes a aussi beaucoup progressé", a constaté González. "Les frappes qui ont fait mouche ont été tout simplement excellente, on ne pouvait pas les arrêter."

APPROCHE DÉFENSIVE DES COUPS DE PIED ARRÊTÉS
Avec un but sur cinq concédé sur les coups de pied arrêtés, les défenses, en Slovaquie, ont pu un peu se consoler devant le festival offensif qui marqua ce tournoi. L'organisation et la préparation des arrière-garde a été, selon les observateurs techniques, la raison principale de ce nombre assez bas de coups de pied arrêtés marqués.

"Si les coups de pied arrêtés ne fonctionne pas, cela veut dire que les défenses sont performantes", dit Matikainen. "Mon sentiment, c'est qu'il y a davantage à faire avec des équipes aussi bien préparées au niveau défensif. Les équipes ne doivent parvenir à une phase finale sans préparer les coups de pied arrêtés." Ce point sera discuté davantage en détail un peu plus loin dans ce rapport technique, mais il est suffisant de dire que les équipes ont mis toutes les chances de leur côté à ce niveau, et que cela permet de faire progresser la discipline de manière continue. "Beaucoup d'équipes sont venues ici également avec des analystes vidéo, des observateurs, elle se prépare mieux", ajoute González.

Il en résulte qu'il est beaucoup plus difficile de mettre à mal les défenses et les analyses ci-dessus concernant la manière dont les buts ont été marqués souligne bien le travail tactique qui a été fait pour prendre en défaut les défenses, et ce travail commence à l'entraînement. "Beaucoup d'équipes ont défendu à 11 dans la surface, voire même dans la petite surface, la priorité va davantage à la défense qu'à la transition vers l'attaque", explique González. "J'ai le sentiment que la priorité allait davantage à l'organisation défensive plutôt que la concentration sur les coups de pied arrêtés offensifs."

Où les 11 coups de pied arrêtés ont été marqués

Portion de la pelouseTotalDétails
Dans les 5,50m4Deux directement et deux à la suite d'un corner
Dans la surface (central)1Suite à un corner
Penalty3Penalties
Hors de la surface (central)3Coups francs directs

Cette organisation a pu se voir dans la défense sur les coups de pied arrêtés. La plupart des équipes ont adopté un marquage mixte, avec deux ou trois joueuses évoluant en zone et le reste en individuelle. Seule l'Autriche et l'Allemagne ont adopté un marquage de zone complet, même si elles ont eu des degrés de réussite très divers : alors que la défense allemande est restée invaincue sur les coups de pied arrêtés, l'Autriche a encaissé trois buts sur ces phases de jeu.

Mais elle n'a pas été la pire défense dans ce domaine. Les Pays-Bas, demi-finaliste, ont concédé quatre buts, dont un sur penalty. Deux sont venus directement de corner, ce dont a beaucoup parlé l'entraîneur Jessica Torny. "Les coups de pied arrêtés, je laisse cela à la réflexion des filles", a-t-il dit. "Elle est pratique par elle-même, ensemble, avec la gardienne. Il est important d'impliquer la gardienne et de lui demander son avis parce qu'elle peut dire ce qui est difficile pour elle."

Deux des trois buts marqués directement à la suite d'un corner ont été des têtes de l'attaquante de la France Marie-Antoinette Katoto et de la joueuse espagnole Marta Cazalla, contre la Néerlandaise Paulina Quaye.

©Sportsfile

Marta Cazalla fête sa tête marquée sur corner : 20% des buts ont été marqués sur coups de pied arrêtés

http://fr.uefa.com/womensunder19/season=2016/technical-report/technical-topics/index.html#sujets+techniques