Technicien victorieux

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Bernhard n'abandonne jamais

Le tournoi avait un air de déjà-vu pour Anouschka Bernhard. En 2012, elle confessait après une victoire aux tirs au but face à la France qu’elle n’avait jamais envisagé le titre de son équipe chez les moins de 17 ans féminines. Après l’avoir emporté aux tirs au but à Chesterfield suite à un nul 1-1, elle a admis que l’Espagne avait été la meilleure équipe pendant 75 minutes. Cependant, son attitude stoïque a gagné le vestiaire.

Sélectionnée à 47 reprises en défense, Bernhard a remporté le titre de championne d'Allemagne en 1995 et 1998 avec le FSV Frankfurt, qu'elle a ensuite entraîné avant de prendre les rênes de l'équipe nationale féminine des moins de 16 ans en mars 2011, et de poursuivre avec cette génération en 2011/12 pour les conduire au titre européen. Il a entraîné les M16 et M17 mais se résolvait à renoncer aux premières après avoir passé plus de 200 jours hors de chez elle en 2012.

Les structures en Allemagne permettent aux staffs des équipes nationales de recruter lors de tournois régionaux chez les moins de 14 et les moins de 16 ans, et Bernhard a pu se rendre en Angleterre avec un groupe né, à une exception près, en 1997. La France était le seul autre participant à pouvoir le faire. Fervent défenseur du développement de la formation des entraîneurs dans les écoles et les clubs et d’une coopération étroite avec les centres de formation d’élite, elle réfléchit à trouver des moyens de développement optimaux et la valeur d’innovations comme la Bundesliga M17 en Allemagne.

En Angleterre, elle a souligné l’importance des tournois de développement de l’UEFA qui "permettent aux joueuses d’apprendre la réalité de disputer trois rencontres en peu de temps". Tout comme d’autres équipes présentes en Angleterre, son calendrier de préparation a été condensé en une période relativement brève avec, mis à part les 11 jours consacrés au tour Élite, un seul rassemblement de quatre jours par mois à partir de juin.

Les critères de sélection étaient basés sur la technique, la conscience tactique, les qualités athlétiques (notamment la vitesse et l’agilité) et la personnalité. Elle accorde de l’importance à l’instauration de la confiance ainsi qu'à la communication, et se comporte toujours de façon à minimiser la pression sur les joueuses.

©Sportsfile

La joie d'Isabella Hartig (à g.)

La capacité à s’intégrer au groupe figure parmi ses priorités, et la séance de briefing avant le déplacement en Angleterre a souligné le rôle des remplaçantes pendant le tournoi. "Je souligne toujours l’importance des joueuses sur le banc", a-t-elle commenté, "car un remplacement est généralement effectué dans le but d’apporter plus de force à l’équipe." Son point de vue a été justifié lorsqu’Isabella Hartig a marqué un précieux but de l’égalisation en finale. 

Lors de la phase finale, les deux gardiennes remplaçantes (dont une appelée en raison d’une blessure) ont été les deux seules membres de l’effectif à rentrer au pays sans avoir eu le moindre temps de jeu. Le groupe s’est présenté au tournoi avec la ferme intention de l’emporter. En effet, Bernhard avait auparavant demandé à ses joueuses de répertorier les éléments qu’elles estimaient nécessaires afin d’atteindre cet objectif.

Pour atteindre l’objectif suprême, Bernhard est passée par tous les états : elle a notamment dû rebondir après une défaite 4-0 face à l’Espagne en phase de groupes. "Perdre est toujours décevant, mais perdre de cette manière, c'est très, très décevant", a-t-elle expliqué par la suite. Après la demi-finale contre l’Italie, elle a concédé : "Je suis heureuse d’atteindre la finale mais la façon d’y parvenir n’est pas particulièrement plaisante pour moi." Mais Bernhard n’abandonne jamais…

http://fr.uefa.com/womensunder17/season=2014/technical-report/winning-coach/index.html#selectionneuse+sacree