Von Siebenthal parle de sa Suisse
vendredi 17 février 2012
Résumé de l'article
Béatrice von Siebenthal a quitté son poste après sept ans à la tête de la sélection suisse en décembre. Elle revient sur son expérience.
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La seule Suissesse à détenir une licence d'entraîneur professionnelle de l'UEFA a mis un terme à sept années de bons et loyaux services à la tête de la sélection féminine suisse en décembre. Béatrice von Siebenthal a notamment mené son équipe en barrages de la Coupe du Monde féminine de la FIFA. Elle revient sur son expérience pour UEFA.com.
UEFA.com : En 2005, vous avez pris les rênes de l'équipe nationale. Quels étaient vos objectifs et les avez-vous atteints ?
Béatrice von Siebenthal : Nous voulions améliorer le classement de l'équipe, c'est-à-dire nous rapprocher du top dix. Nous étions 16es à l'époque. Et nous voulions nous qualifier pour une grande compétition, ou au moins faire bonne figure dans les éliminatoires.
UEFA.com : De quoi la Suisse a-t-elle besoin pour se qualifier pour un grand tournoi ?
Von Siebenthal : Plus de contrôle, de tranchant. Ce qu'on appelle l'instinct du tueur. Nous avons un bon potentiel offensif, mais nous devons apprendre à mieux l'exploiter. L'organisation de l'équipe est bonne également, c'est ce qu'on attend de la Suisse. On doit être plus efficaces dans les duels, que ce soit devant ou derrière. L'équipe doit également progresser mentalement et se dire : "Peu importe l'adversaire, on joue notre jeu". Mais ça demande du temps.
UEFA.com : D'après vous, comment a évolué le football féminin en Suisse depuis votre arrivée à la tête de l'équipe il y a sept ans ?
Von Siebenthal : Je travaille avec la Fédération suisse de football depuis 1995, d'abord comme entraîneur de jeunes, puis comme sélectionneuse de l'équipe nationale et plus récemment comme responsable de différentes initiatives pour le football féminin. Durant ma première année en équipe nationale, j'ai appelé 43 joueuses, non parce que je le souhaitais, mais parce que les joueuses se disaient indisponibles. On disait que la sélection nationale n'était pas compatible avec le football de club et les engagements professionnels (extrasportifs) des joueuses.
Depuis, nous sommes parvenus à stabiliser l'équipe, les joueuses ont manqué moins de matches. Et nous avons ajouté des bonus quotidiens afin de réduire leur charge de travail professionnel. Aujourd'hui, le football féminin a fondamentalement changé. Nous avons une académie, désormais, où les filles prennent des cours de sport. Il y a quelques années, c'était complètement différent.
UEFA.com : Grâce à cette académie, verrons-nous de jeunes joueuses émerger en sélection nationale ?
Von Siebenthal : C'est une tendance qui disparaît. Les joueuses restent en équipe nationale plus longtemps, et il y a moins besoin de faire appel aux jeunes au dernier moment pour combler les postes vacants. C'est toujours important d'avoir des jeunes joueurs qui percent, mais aujourd'hui, ils ont le temps de faire leurs preuves en équipes juniors avant de faire le grand saut.
UEFA.com : Êtes-vous intéressée pour occuper un poste à l'étranger, comme en Allemagne ?
Von Siebenthal : Je suis ouverte à la nouveauté, et je ne veux rien exclure, même un poste dans les équipes masculines, chez les jeunes. Je ne suis pas enfermée en Suisse et je peux imaginer travailler à l'étranger, mais dans un environnement professionnel et structuré. Cela existe ailleurs qu'en Allemagne.