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Ce qui a fait gagner Hélio
Hélio Sousa a mené le Portugal à la gloire ©Sportsfile

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Ce qui a fait gagner Hélio

"Les tirs au but, ce n'est pas une question de chance. C'est une question de compétence." Ce commentaire d'Hélio Sousa est survenu après la victoire depuis les 11 mètres contre l'Espagne, mais ses mots pourraient facilement être utilisés comme devise pour le personnage. Le sélectionneur du Portugal pense fermement que le talent doit être forgé sur l'enclume du pragmatisme. "Sa nature exigeante, c'est ce qui nous a portés aussi loin", a reconnu son capitaine en Azerbaïdjan, Diogo Queirós. "Parfois, il en perd sa voix…"

Avec les meilleures équipes de club, les progrès tactiques ont permis de réduire les espaces disponibles. Les joueurs doivent être capables de penser et de courir plus vite. C'est devenu le facteur le plus important dans la progression des joueurs
Hélio Sousa, sélectionneur du Portugal

L'entraîneur n'est jamais loin de l'homme et du joueur qu'il a été. Le nom d'Hélio Filipe Dias de Sousa est apparu pour la première fois lorsqu'il a rejoint le Vitória FC, à l'âge de 12 ans, en 1981. Quelque 24 ans plus tard, il avait accompli une carrière remarquable avec notamment 424 matches disputés au milieu de terrain pour le club de Setúbal. Plus important peut-être, les chiffres fournissent l'illustration de sa loyauté et de sa constance avérée au travers de moments de joie et d'adversité. Ses 18 ans passés en équipe première contiennent peut-être autant de relégations que de montées qui ont donné forme à des attitudes et des philosophies nourries par une grande diversité d'entraîneurs qu'il eut à écouter pendant sa carrière de joueur.

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Les joueurs portugais célèbrent avec le trophée

Son voyage dans football, il l'a continué ensuite dans un parcours d'entraîneur. Au Vitória, bien sûr. Ensuite, il se retrouvait au Sporting Clube da Covilhã, avant de rejoindre l'Association nationale du Portugal pour entraîner les équipes de jeunes en 2010. Jamais il ne renia ses principes. "Un entraîneur tente toujours de transmettre son expérience aux jeunes joueurs qui essaient de réaliser leur rêve, celui de devenir professionnel dans un sport difficile comme le football", dit-il. "Une des leçons importantes à retenir pour les jeunes joueurs, c'est que pour un qui réussit il y en a beaucoup qui échouent au niveau professionnel.”

À l'instar de Santi Denia, son homologue lors de la finale à Bakou, il revendique l'humilité et les compétences rares. "Nous avons un profil exigeant pour chaque poste", explique-t-il. "Il faut de la technique, de la tactique du mental. Au sein de l'Association portugaise, il est très important de mesurer combien les joueurs savent lire le jeu. Avec les meilleures équipes de club, les progrès tactiques ont permis de réduire les espaces disponibles. Les joueurs doivent être capables de penser et de courir plus vite. C'est devenu le facteur le plus important dans la progression des joueurs."

La préparation pour le tournoi à Bakou a commencé avec un stage de trois jours et un tournoi en Angleterre après le tour Élite. Ensuite, il y a eu neuf rassemblements entre le 25 avril et le début du tournoi. Lors de chacun d'eux, les joueurs ont travaillé les penalties et les coups de pied arrêtés. L'accent a été mis sur la qualité de passe dans les situations offensives.

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La finale s'est jouée aux tirs au but à Bakou

La récompense de ce travail était, selon l'entraîneur, ont été "des rencontres presque parfaites. Nous avons imprimé notre identité portugaise aux matches que nous avons joués, nous avons été forts sur le plan défensif, nous avons pressé, nous nous sommes créé beaucoup d'occasions et nous avons marqué des buts. Mes joueurs ont adopté une attitude positive. Ils ont démontré leur qualité et ils ont prouvé que le football portugais a développé une philosophie de jeu. lls ont incarné le joueur portugais que nous souhaitons voir."

Le scénario, cependant, a mis à mal le sang-froid d'Hélio. En tant que sélectionneur du Portugal des mois de 19 ans, il a perdu un but à zéro contre l'Allemagne en finale européenne, en 2014. Avec le même groupe, en Nouvelle-Zélande, pour la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, il a réussi une grande performance en quarts de finale contre le Brésil, mais il s'inclinait aux tirs au but 4-2. À nouveau entraîné dans une séance fatidique, il pouvait être excusé pour se ronger les ongles subrepticement. Mais à sa grande satisfaction, les joueurs portugais ont confirmé sa théorie : oui, les tirs au but sont bien une question de compétence.

https://fr.uefa.com/under17/season=2016/technical-report/winning-coach/index.html#ce+fait+gagner+helio