Platini plaide pour la spécificité du sport
Lundi, 14 juillet 2008Michel Platini, président de l’UEFA, a délivré un discours-programme aux ministres des Affaires européennes des 27 Etats, dans lequel il a appelé à une reconnaissance concrète de la spécificité du sport, ainsi que de l’autonomie des fédérations sportives.
Cadre et sécurité juridiques
Prenant la parole à Brest au nom des sports d'équipes européens, M. Platini a demandé la permission aux fédérations sportives européennes d’élaborer, avec le concours de la Commission européenne, des lignes directrices sur l’application du droit européen au sport, afin de donner au sport le cadre juridique et la sécurité juridique dont il a besoin pour se développer et pour protéger le modèle sportif européen.
Encourager la formation
Le président de l’UEFA a également demandé aux ministres présents de donner les moyens aux fédérations sportives européennes d’introduire des règles pour la protection de la jeunesse à travers une politique d’encouragement de la formation, ainsi que d’élaborer un meilleur contrôle des coûts des clubs à l’échelle européenne.
Une approche saluée
Les ministres ont salué l’approche des sports d’équipes européens, avant d’avaliser l’initiative gouvernementale franco-néerlandaise renforçant le concept de spécificité du sport et d’autonomie des fédérations sportives. Le sujet sera maintenant transmis au Conseil de l'Europe, qui réunit les chefs d'Etat ou de gouvernement des pays européens.
Présidence française
M. Platini avait été invité à cette réunion par M. Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes. La France assume la présidence du Conseil européen depuis le 1er juillet, et le président Nicolas Sarkozy s’est exprimé la semaine dernière sur le besoin de renforcer la reconnaissance de la nature spécifique du sport, lors d’une allocution au Parlement européen.
Protection des valeurs du sport
"Le mouvement sportif européen ne veut pas être au-dessus des lois", a souligné M. Platini. "Au contraire, nous avons besoin des lois afin de protéger les véritables valeurs du sport. Mais ces lois doivent être rédigées et interprétées de façon à reconnaître la spécificité et l’autonomie de ses institutions. En effet, le sport n’est pas une activité économique comme une autre. Nous avons besoin d’un cadre juridique qui protège ce qui fait l’essence et la beauté du sport : ses valeurs éducatives, sociales et citoyennes. Le sport connaît aujourd’hui beaucoup de dérives à cause notamment de l’application aveugle du droit européen au sport : le droit européen de la concurrence ne peut être celui qui réglemente automatiquement et exclusivement le monde du sport."
L'autonomie des fédérations
"Les gouvernements de l’Union européenne l’ont dit à Nice en 2000", ajoutait-il. "Le Parlement européen l’a répété avec force encore en mai de cette année via une résolution approuvée à une immense majorité : il faut enfin reconnaître concrètement la spécificité du sport et l’autonomie des fédérations afin de protéger les valeurs du sport qui sont aussi celles de l’Europe." M. Platini a remercié M. Jouyet ainsi que Frans Timmermans, ministre néerlandais des Affaires européennes, pour le travail accompli par les deux gouvernement afin de soutenir l'idée de la spécificité du sport et de l'autonomie des fédérations, en poursuivant : "Mais maintenant, messieurs Jouyet et Timmermans ont aussi besoin du soutien de leurs 25 coéquipiers. Le sport a besoin de votre soutien à vous tous ici présents ce soir".
Propositions clés
Les sports d'équipe européens (basket-ball, volley-ball, handball, hockey sur glace, rugby et football) ont récemment élaboré un document synthétisant leurs propositions principales et qui a été présenté à Brest. "C’est une approche qui a déjà convaincu l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et le Parlement européen à deux reprises puisqu’ils en ont approuvé en 2007 et cette année les grandes lignes reprises dans ce document que nous avons rédigé."
Une approche proportionnée
"Et c’est une approche qui plaît également, et ce n’était pas une mince affaire, à la Commission européenne. La Commission a compris nos attentes et apprécie la démarche légaliste, raisonnable et proportionnée des fédérations européennes des sports d’équipes. Avec nous, ils savent qu’ils ont affaire à des interlocuteurs crédibles qui comprennent la complexité et les exigences du droit européen. Vous le verrez, à travers ce document, ce que nous souhaitons, ce n’est pas que l’Union européenne réglemente le sport, mais c’est que l’Union européenne donne aux fédérations nationales, européennes et internationales les moyens de se réglementer. Bien entendu, dans le cadre clair et défini de la loi." M. Platini a également rappelé que le sport nourrissait des attentes très élevées de la présidence française de l'Europe. "Nous avons pour la première fois le sentiment non pas seulement d'avoir été écoutés, mais aussi et surtout d'avoir été compris."
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