Michel Platini appelle à une coopération européenne
samedi 13 décembre 2008
Résumé de l'article
Le président de l'UEFA Michel Platini a appelé à la coopération pour lutter contre plusieurs fléaux qui affectent le football et le sport, en s'adressant à la conférence des ministres des Sports du Conseil de l'Europe à Athènes.
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Le président de l'UEFA Michel Platini a délivré un discours fort à la conférence des ministres des Sports du Conseil de l'Europe organisée à Athènes, en appelant à la coopération notamment les autorités et les gouvernements européens pour lutter contre plusieurs fléaux qui affectent le football et le sport en Europe.
Dossiers clés
Dans son discours, M. Platini a abordé des problèmes comme l'éthique et la régularité des compétitions, la lutte contre le dopage et la corruption, et en particulier les paris clandestins, le combat contre la violence, le racisme et la discrimination, ainsi que la formation et la protection de la jeunesse. Il a déclaré qu'en tant que président de l'UEFA, son premier devoir était de veiller à la régularité des compétitions "car si les jeux sont faits d'avance, on assassine silencieusement le sport".
Criminalité internationale
Le président de l'UEFA expliquait que les organisations sportives étaient dramatiquement, mais pas totalement, démunies face au crime organisé qui ne connaît pas de frontière. "C'est pourquoi l'UEFA est en train de se doter de mécanismes et de moyens toujours plus robustes pour lutter contre la tricherie, souvent liée aux paris clandestins. Mais pour que cette lutte contre la tricherie et le crime organisé soit efficace, il faut que les gouvernements soient fortement impliqués, car eux seuls ont les moyens d'aider le mouvement sportif à éradiquer le phénomène à sa racine."
Dopage
Passant au combat contre le dopage, M. Platini expliquait qu'à la suite d'accords européens clés comme la Convention contre le dopage, l'UEFA a renforcé ses règles internes. "Mes 40 ans d'expérience dans le football me disent toutefois aussi qu'il faut surtout faire de la prévention par l'éducation au niveau des jeunes et des centres de formation."
Combattre le hooliganisme
Le président de l'UEFA a salué l'action du Conseil de l'Europe visant à combattre la violence et le hooliganisme, particulièrement par le biais de la Convention européenne sur la violence. "Et ici, comme dans d'autres domaines, l'action de l'UEFA est bien sûr dépendante des mesures que les gouvernements sont prêts à mettre en œuvre", soulignait-il.
Police du sport
M. Platini rappelait son appel récent à la constitution d'une police européenne du sport. "Avec certains Etats nous avons déjà fait un certain nombre de démarches qui vont dans le bon sens et nous avons renforcé la coopération et la collaboration entre les forces de police, les clubs et les associations nationales dans toute l’Europe." Il a demandé aux autorités européennes de libérer les financements promis pour la formation des stadiers et des forces de police, et pressé les autorités nationales d'appliquer complètement les procédures recommandées sur la coopération internationale des polices pour les matches de football.
Démocratie pyramidale
M. Platini a également expliqué l'attachement du football à sa démocratie pyramidale. "Cette démocratie n’est possible au plus haut niveau que si à la base il y a une démocratie vivante", déclarait-il. "C’est de cette démocratie de base que dépend notre crédibilité d’organisation sportive représentative. Cette démocratie que nous chérissons tous ne peut s’exercer que dans l’autonomie du sport par rapport au pouvoir politique. Nous avons un profond respect pour les lois qui régissent la vie commune des citoyens européens. Nous coopérons avec les institutions gouvernementales de toute l’Europe, nous respectons scrupuleusement la loi mais nous rejetons catégoriquement toute ingérence des pouvoirs publics dans les domaines de nos statuts. Dans cette enceinte, je voudrais donc réaffirmer solennellement au nom du mouvement sportif européen notre engagement à défendre l’autonomie des fédérations sportives partout où elle serait menacée."
Affronter la discrimination
Concernant le racisme dans le football, M. Platini n'est exprimé sans détour. "Notre politique est claire et ne souffre aucune ambiguïté : tolérance zéro envers le racisme et les discriminations. Nos mesures, encore récemment renforcées, pour lutter contre le racisme sont aujourd’hui probablement les plus sévères dans le monde du sport. Ces mesures, que nous appliquons déjà sans arrière-pensée, ne seront efficaces que si elles sont accompagnées par des mesures adéquates au niveau du pouvoir politique dans tous les états européens et, là encore, par des mesures éducatives et préventives. Le sport, et le football, ne peuvent pas à eux seuls éradiquer des phénomènes socioculturels aux racines profondes que sont le racisme, le sexisme ou l’homophobie. Mais le sport, et le football, grâce à leur immense popularité et à leur pouvoir mobilisateur, peuvent contribuer puissamment à cette éradication."
Protection de la jeunesse
M. Platini a dénoncé le trafic d'enfants qui sévit en Europe et dans le reste du monde, et qui affecte en priorité le football. Un travail et un dialogue avec la FIFA et la Commission européenne sont déjà en place dans ce domaine. Le président de l'UEFA déclarait que les mesures nationales visant à protéger les jeunes joueurs n'avaient pas d'impact à l'échelle européenne et mondiale, et qu'elles poussaient paradoxalement les clubs à aller "braconner" en dehors de leurs frontières nationales.
Etape suivante
M. Platini concluait : "Ce que les clubs ne peuvent pas faire chez eux, ils peuvent le faire chez leurs voisins européens, en Afrique ou en Amérique latine, avec des conséquences dévastatrices sur les centres de formation européens et sur la santé psychologique et l’éducation des jeunes joueurs. Dans les prochains mois, nous allons donc nous employer à préparer des règles qui protègent cette enfance en danger tout en respectant, bien sûr, les règles européennes sur la libre circulation des travailleurs. J’espère vivement pouvoir compter aussi sur le soutien du Conseil de l’Europe pour cette démarche".