Les grandes ambitions de Mutu
Vendredi, 18 avril 2008Lorsque les joueurs de l'ACF Fiorentina ont quitté le terrain après leur quart de finale aller de Coupe UEFA contre le PSV Eindhoven, l'atmosphère à Florence était lourde de déception. L'équipe de Cesare Prandelli semblait avoir laissé l'initiative à son adversaire néerlandais en concédant le nul 1-1, alors qu'elle avait d'abord pris l'avantage à la 56e minute par l'intermédiaire d'Adrian Mutu. Mais un joueur restait indéfectiblement optimiste. "Nous avons une chance au retour, j'en suis certain", déclarait Mutu. "Nous pensons pouvoir prendre au moins un but là-bas."
Le roi du coup franc
La Fiorentina a appris à faire confiance à son talisman roumain. Celui-ci a d'ailleurs appuyé ses dires en contribuant à la victoire au Philips Stadion, avec un coup franc foudroyant qui faisait pencher la balance en faveur de la Viola, avant de sceller une mémorable victoire 2-0 sur un deuxième coup franc - son sixième dans cette édition de la Coupe UEFA. Le manager des Rangers FC, Walter Smith, briefera sans doute ses défenseurs en long et en large sur le meneur de jeu emblématique de la Fiorentina avant la demi-finale aller entre les deux clubs, à Ibrox jeudi prochain.
"Vraiment fier"
Pour un club qui évoluait encore en quatrième division il y a six ans, après avoir été placé sous administration judiciaire, la Viola en a surpris beaucoup. Actuellement quatrième du classement de Serie A, avec quatre points d'avance sur l'AC Milan et l'UC Sampdoria, la Viola est également le seul club italien encore engagé en compétition européenne, et commence à voir ses efforts obtenir enfin au niveau national la reconnaissance qu'ils méritent. "Je suis vraiment, vraiment fier de ce que nous avons fait", a déclaré Mutu, l'un des principaux artisans de cette résurrection, à uefa.com. "Nous sommes tous fiers. Peut-être que notre succès en a choqué certains, mais je m'y attendais. Quand on regarde ce que nous avons accompli ces dernières années et le travail que nous avons fait l'été dernier, hé bien je pense qu'on peut dire que nous sommes en train de devenir une grande équipe."
Compétition prestigieuse
La dernière étape de la renaissance florentine a débuté en 2005, avec la nomination de Prandelli. Le club a remporté 74 points pour sa première campagne avec son nouvel entraîneur (mais a terminé neuvième suite à une pénalité de 30 points), et a terminé sixième avec 73 points la saison dernière, la première de Mutu avec la Viola. Si le club conserve sa quatrième place, il sera qualifié pour l'UEFA Champions League pour la première fois depuis 1999/2000. Mais Mutu souligne que sa priorité est d'aider la Fiorentina à remporter son premier trophée depuis sept ans. "Si j'avais le choix, il est clair que je préfèrerais remporter la Coupe UEFA [que terminer quatrième], et j'imagine que c'est la même chose pour mes coéquipiers", déclarait l'ailier. "La Coupe UEFA est une compétition très prestigieuse. Même s'il n'y a pas que des champions nationaux, il y a quand même beaucoup d'équipes très fortes."
Prêt habile
Tout le monde ou presque reconnaît que Prandelli s'est montré très habile en se faisant prêter Mutu par la Juventus. Le joueur de 29 ans a inscrit 16 buts en championnat la saison dernière, et a fait presque aussi bien cette saison, avec 26 réalisations. Le directeur sportif de la Juve, Alessio Secco, a d'ailleurs décrit le prêt de l'attaquant comme un de ses plus grands regrets. "C'est gentil de sa part", sourit le Roumain. "Mais je crois que tout le mérite revient à Prandelli. Il me connaît très bien, mieux que personne, et c'est lui qui m'a aidé à progresser."
Influence de Prandelli
Mutu et Prandelli se sont croisés pour la première fois à Parme en 2002/03. Cette saison-là, l'attaquant avait inscrit 17 en championnat pour le Parma FC, qui terminait cinquième. Mutu n'allait pas tarder à partir pour le Chelsea FC dans le cadre d'un transfert juteux. Aujourd'hui, Mutu ne tarit pas d'éloges sur l'entraîneur de 50 ans. "D'une certaine façon, Prandelli et moi nous avons grandi ensemble", réfléchit le joueur. "Quand je regarde mes meilleures saisons, je vois qu'il était là, avec moi, à Parme et maintenant à la Fiorentina. Nous avons progressé tous les deux, et il représente beaucoup pour moi. C'est comme un père, un frère et un ami en même temps. Nous avons vraiment de bonnes relations."
Premier trophée européen
Le duo sait qu'il peut écrire ensemble un nouveau chapitre de l'histoire de la Viola dans les semaines à venir. La Fiorentina a remporté son seul trophée européen en 1960/61, en Coupe des vainqueurs de coupe européenne - grâce à une victoire en finale contre les Rangers. S'ils battent une nouvelle fois le géant de Glasgow, les Florentins pourront se retrouver le 14 mai face à Luca Toni et au FC Bayern München - qui affronte le FC Zenit St. Petersburg dans l'autre demi-finale.
Retrouvailles avec Toni
Mutu sait qu'il ne sera pas facile de prendre l'ascendant sur son ancien co-équipier florentin : "Toni est un joueur tellement bon, ce sera très difficile", admet le Roumain. "Il a fait de grandes choses ici, j'ai beaucoup de bons souvenirs de matches avec lui, et nous sommes restés en contact." Quoi qu'il arrive en demies, Toni et Mutu se retrouveront face à face lors de l'UEFA EURO 2008™, puisque l'Italie et la Roumanie sont toutes deux dans le Groupe C, avec la France et les Pays-Bas. "Il n'est pas impossible [qu'on se qualifie], mais ça va être très difficile", reconnaît Mutu, auteur de 27 buts en 60 sélections pour la Roumanie. "Qui qu'il arrive, nous rentrerons chez nous la tête haute." Vu la forme exceptionnelle de l'attaquant, les supporteurs roumains et florentins ont de quoi être optimiste.
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