Smerecki : "Ce sera serré"
Mardi, 22 avril 2008
Francis Smerecki va tenter de succéder à Philippe Bergeroo, vainqueur de l'EURO des moins de 17 ans avec la France (©FFF)
Francis Smerecki, sélectionneur de l'équipe de France, vise haut pour le Championnat d'Europe des moins de 17 ans, qui se déroule à Antalya (Turquie, 4-16 mai). Même si un groupe redoutable est proposé aux Mini-Bleus.
Avec l'Espagne
La France, vainqueur en 2004, a été versée le 3 avril dans le Groupe B, avec l'Espagne, la République d'Irlande et la Suisse, après avoir remporté son tour Elite aux dépens d'Israël, de l'Angleterre et de la Russie dans le premier de ces trois pays. De quoi se poser peut-être entre prétendants au titre.
uefa.com : En Israël, vous avez écarté trois grosses équipes. Qu'est-ce que cette qualification a représenté pour vous ?
Francis Smerecki : D'abord, c'est aller au tour final. Mais surtout, c'est une grande satisfaction car je suis cette sélection depuis deux ans et depuis deux ans tout était axé sur ce Championnat d'Europe. Lors de la première année, nous avons fait pas mal de tournoi en France et ailleurs, comme Montaigu ou le tournoi du Val de Marne. Mais entre chaque match nous faisions deux entraînements. C'était cela la priorité. Maintenant nous sommes qualifiés, c'est en quelque sorte un aboutissement.
Serez-vous au complet pour cette phase finale ?
C'est pour nous le gros point d'interrogation. Les Championnats se terminent en avril. Pour les joueurs, c'est un mois très chargé. Je pense notamment à Lyon où j'en au trois ou quatre. La Coupe Gambardella a également usé les organismes.
Y a-t-il des joueurs qui évoluent en professionnels dans votre groupe ?
J'ai (Gilles) Sunu à (l')Arsenal (FC) et (Gaël) Kakuta à Chelsea (FC) qui participent à l'entraînement avec les pros. J'ai aussi Loïc Damour qui s'entraîne avec le groupe élargi à (au RC) Strasbourg mais pas encore de joueur pro.
Je pense que j'ai deux trois joueurs dont on reparlera dans quatre cinq ans... Si les petits lapins ne les mangent pasFrancis Smerecki
La France a gagné en 2004 avec des joueurs qui sont aujourd'hui en équipe A. Y en a-t-il, dans votre groupe, que vous voyez à l'EUR0 2012 ?
Je pense que j'ai deux trois joueurs dont on reparlera dans quatre cinq ans... Si les petits lapins ne les mangent pas. S'ils évitent quelques chausse-trappes.
Quel est le plus gros piège entre le plus haut niveau national à 17 ans et le plus haut niveau en pro ?
Le plus dangereux, pour un joueur de cet âge, c'est de croire qu'il y est arrivé. Sur une échelle de 10 il est à 2, 3 au grand maximum. Il faut de la patience, il faut éviter de se faire manger pas son environnement, être sage, ne pas brûler les étapes. Ne pas aller au plus offrant trop tôt...
Qu'allez-vous faire en 2008/09 ?
Ce n'est pas encore déterminé. On saura cela dans le courant du mois de mai. J'ai émis auprès de Gérard (Houllier, le directeur technique national), le vœu de rester avec cette génération. Mais on sait que l'EURO des moins de 19 ans sera en France dans deux ans et que c'est la génération dont j'ai la charge aujourd'hui et notre pays sera qualifié. Alors j'aimerais bien y être. Il y a encore des étapes que j'aimerais franchir avec eux. Gérard est plutôt favorable à simplement deux ans pour un sélectionneur avec une même génération.
Vous êtes aussi un entraîneur de club reconnu. Cela ne vous démange pas de reprendre des pros ?
Oui. Comme tous les "drogués" de ce métier. Mais participer à ce type de rendez-vous, c'est découvrir une facette du métier. C'est une expérience importante d'entraîner des jeunes. Aujourd'hui, si je retournais dans le monde pro, j'en tirerais avantage.
Comment ?
Dans le monde pro, quand on a abordé telle chose ou telle mise en place on pense que c'est acquis. Chez les jeunes, il faut répéter 10 fois, 100 fois, 1000 fois. Dans le monde pro on va trop vite sur ces choses-là, on passe trop vite sur des choses tactiques et on pense que c'est acquis et c'est pas vrai.
L'Espagne est une nation impressionnante et qui se trouve dans votre groupe. A quoi attribuer tous ses succès ?
Je n'ai pas creusé leurs résultats. Le coach (Juan Santisteban) y est pour beaucoup. Il a forcément des qualités, un regard très pointu sur cette catégorie. Et puis, il y a la culture footballistique espagnole. Ils ont de bons joueurs. Il semblerait que ces jeunes joueurs arrivent un petit peu plus vite à maturité. Il doit en tirer bénéfice pour sa sélection. Aujourd'hui, on parle beaucoup du football britannique, le foot espagnol n'a pas du tout la même approche. Plus technique et pas moins efficace.
L'Espagne sera votre adversaire n°1, non ?
Des adversaires, nous en avons trois. L'Irlande obtient de très bons résultats et ce sera notre premier match. La Suisse est une équipe que nous avions eu du mal à battre. Mais les huit équipes présentes sont au niveau. Ce sera serré. Il suffit de regarder les résultats du tour Elite, il n'y a pas eu de gros score, juste un 6-0 je crois. Et à partir de maintenant, tout le monde va s'espionner.
Allez-vous tenter de mettre de nouvelles choses en place pour surprendre ?
Il n'y aura rien de nouveau. On a travaillé sur deux ans pour cette compétition, ce n'est pas le moment de changer nos points de repère. Je vais emmener les mêmes 18 joueurs.
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